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Deepfakes: effet ou manipulation ?

Une vidéo falsifiée du Roi de Belgique est devenue virale – un exemple impressionnant qui montre à quel point il est facile de mettre en scène la réalité. La VSZ met en garde : les deepfakes (ou hypertrucages) rendent de plus en plus difficile la distinction entre les contenus authentiques et les contenus manipulés.  

« Si c’est le Roi qui le dit, cela doit être vrai ! » – c’est ce que beaucoup ont pensé en voyant la vidéo du roi Philippe >>>. Pourtant, le roi était un mirage. Le deepfake qui s’est rapidement propagé sur les réseaux sociaux, montre à quel point il est facile aujourd’hui de tromper les gens en un seul clic. 

table des matières

Quand l’IA embellit les vidéos  

L’intelligence artificielle change la façon dont les vidéos sont créées, retouchées et la confiance que nous leur accordons. L’amélioration des images et des vidéos apporte des progrès étonnants, tandis que les deepfakes ouvrent de nouvelles voies pour le divertissement, mais aussi pour l’escroquerie. Il est intéressant d’examiner tout cela non seulement d’un point de vue technique, mais aussi d’un point de vue social.  

L’IA peut automatiquement améliorer des vidéos : supprimer le bruit, corriger les couleurs, augmenter la résolution des images et lisser les mouvements. C’est formidable pour les artistes : avec peu d’efforts, les clips ont un aspect nettement plus professionnel. Même les enregistrements historiques peuvent être restaurés et redécouverts.  

Exemple : une vidéo familiale tremblante des années 90 présentant des artefacts grossiers est retravaillée de manière à avoir aujourd’hui un aspect HD : les tons de peau sont lissés, les détails sont reconstitués et l’image semble soudainement plus « moderne ».  

 

Les deepfakes : entre humour et mensonge  

Mais cette optimisation comporte également des risques. Les spectateurs ne sont parfois pas conscients qu’une vidéo visuellement « parfaite » n’est pas nécessairement vraie. La situation est encore plus délicate avec les deepfakes. Il s’agit ici de vidéos dans lesquelles les visages ou les voix semblent si réels qu’il est difficile de croire qu’ils sont falsifiés. L’IA peut même ajouter des détails qui n’existent pas dans le contenu original. On trouve sur YouTube des exemples anodins, comme des clips humoristiques dans lesquels des personnalités politiques apparaissent soudainement dans des scènes de films. Mais il existe aussi un volet sombre : de faux discours de politiciens, des informations manipulées ou des deepfakes pornographiques diffusés sans consentement.  

Le problème : grâce à des logiciels librement accessibles, ces vidéos peuvent désormais être créées en un rien de temps. Et elles sont souvent si bien faites qu’il est impossible de les démasquer au premier coup d’œil. Les deepfakes sont donc un outil à la fois puissant pour le divertissement, mais aussi pour la désinformation et l’incitation à la haine.  

La justice perd ainsi un moyen de preuve important, car si les vidéos peuvent être manipulées à tout moment par des non-professionnels, qui croira encore qu’elles sont authentiques ?  

Qui en est responsable ? 

Reste ensuite la question de la responsabilité : les plateformes telles que YouTube ou TikTok doivent-elles être davantage réglementées ? Malheureusement, ces plateformes ne réagissent souvent que lorsqu’il y a une violation flagrante de leurs règles de la communauté. Souvent, le mal est déjà fait et la vidéo a déjà quitté la plateforme et contaminé d’autres médias. 

Il existe également de nombreuses questions juridiques en suspens : à qui appartient réellement un deepfake ? À la personne dont le visage apparaît dans la vidéo ? À celui qui forme l’IA ? Ou à celui qui télécharge la vidéo ?  

Indépendamment de l’introduction de réglementations par les différents médias, nous devons examiner les vidéos de manière de plus en plus critique (mot-clé : compétence médiatique). Cela exige une méfiance constante, mais rester critique en permanence est extrêmement éprouvant. Cette exigence constante de scepticisme peut conduire les gens à réagir avec cynisme et indifférence, et d’autres à partager aveuglement. Et maintenant, le point crucial :  si vous partagez un deepfake comme s’il était « réel », n’êtes-vous pas vous-même partie prenante du problème ?  

 

Reconnaître les deepfakes  

Est-il encore possible de reconnaître les deepfakes aujourd‘hui ? Les indices auditifs ou visuels qui fonctionnent encore aujourd’hui peuvent être invisibles demain, car la technologie évolue rapidement. C’est pourquoi il convient de combiner plusieurs méthodes de vérification, idéalement au moins trois. 

Le contexte est roi 

Que faire : regardez où la vidéo est apparue pour la première fois, qui l’a publiée et si elle s’accompagne d’une histoire plausible. Souvent, la nouvelle suscite des émotions fortes.  
 

Exemple : un clip montrant un prétendu discours d’un politicien apparaît d’abord sur une chaîne comptant 200 abonnés et n’apparaît pas dans les médias traditionnels – soyez prudent.  

Plusieurs sources  

Que faire : recherchez d’autres enregistrements ou reportages sur le même incident provenant d’une autre source indépendante.  

Exemple : une vidéo prétendant montrer un accident devrait également être disponible dans les médias locaux, sur les réseaux sociaux par d’éventuels témoins ou sur d‘autres caméras. Si vous ne trouvez rien, cela est suspect.  

Analyse technique 

Que faire : lire les métadonnées, vérifier les images individuelles à l’aide de la recherche inversée d’images Google, etc.  

Contrôle de plausibilité  

Que faire : les vêtements, la lumière, l’acoustique, la saison, la langue correspondent-ils à la situation alléguée ?  

Exemple : une vidéo qui se déroulerait prétendument pendant l’été portugais montre des arbres enneigés à l’arrière-plan, ce qui n’est pas cohérent.  

Vérification des faits  

Que faire : vérifier les recherches effectuées sur les portails de vérification des faits ou les indications dans les commentaires ; rechercher les avis d’experts. Il est fascinant de constater que la plupart de ces outils utilisent également l’IA pour démasquer l’IA. 

Reconnaître les bots  

Que faire : prêter attention à une diffusion soudaine et coordonnée sur de nombreux nouveaux comptes, ce qui peut indiquer l’existence de réseaux de bots.  

Exemple : le même clip est partagé en quelques minutes par des centaines de comptes avec les mêmes commentaires, ce qui est typique de la diffusion par des bots. 

Liens douteux  

Vérifiez si la vidéo redirige vers des sites web suspects, par exemple ceux qui n’ont pas de mentions légales, qui ont des domaines étrangers, qui contiennent de nombreuses fautes d’orthographe, etc. ? Le Fake Shop Finder de la Verbraucherzentrale Deutschland est un outil utile pour les personnes méfiantes>>>.

Exemple : une vidéo dans laquelle Jamie Oliver vante les mérites de nouvelles pilules vitaminées exceptionnelles, disponibles en exclusivité dans cette « boutique en ligne, lien dans la bio ». Il y a de fortes chances qu’il s’agisse d’une publicité pour une boutique frauduleuse.  

 

Signaler les deepfakes 

Les deepfakes peuvent être signalées à différents organismes. En Belgique safeonweb.be >>> est le premier point de contact : vous pouvez y signaler les vidéos frauduleuses ou manipulées et consulter des informations sur les cas de fraude actuels.  

Si un deepfake a entraîné des pertes financières ou un vol d’identité, il convient également de contacter la police locale et de porter plainte.  

Si la vidéo apparaît sur les réseaux sociaux tels que Facebook, Instagram ou YouTube, vous pouvez également la signaler directement comme contenu trompeur ou frauduleux à l’aide de la fonction « signaler » afin qu’elle soit vérifiée et supprimée.  

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